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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 15:05

 

 

 

 

 

 

http://www.humanite.fr  13 Novembre 2013

 

Alors que le pays s’enfonce dans le chaos depuis la prise de Bangui par les rebelles de la Seleka, Paris plaide pour un appui onusien à la force africaine déployée sur place.

 

C’est l’histoire d’un État en ruine et d’un régime, celui de François Bozizé, qui s’est effondré comme un château de cartes lorsque la Seleka, hétéroclite coalition rebelle venue du nord du pays, a pris la capitale, Bangui, le 24 mars dernier, sous l’œil des soldats de la force régionale, la Micopax, et des militaires français du détachement Boali.

 

Depuis, la République centrafricaine n’en finit plus de s’enfoncer dans le chaos, au désespoir des populations civiles, premières victimes des violences et des exactions. Arrivé au pouvoir sur le dos des rebelles, désigné président de transition par acclamation, Michel Djotodia lui-même a perdu le contrôle de la situation. Il a eu beau décréter la « dissolution » de la Seleka, les hommes en armes ont continué de semer la terreur jusque dans la capitale, pillée avec l’arrivée des rebelles. La constitution de milices d’autodéfense dites « anti-balakas », comptant dans leurs rangs des partisans du président déchu, a donné lieu à des affrontements meurtriers et à des exactions, en particulier dans le nord-ouest du pays, à Bossangoa, Bouca, Bouar. La situation est d’autant plus dangereuse qu’une arme automatique se négocie aujourd’hui… entre 25 et 40 dollars.

 

Transition mal engagée

 

Sur fond de grave crise politique, sécuritaire, humanitaire, et alors que la transition est plus mal engagée que jamais, les divisions communautaires, instrumentalisées de toutes parts, menacent de prendre un tour confessionnel. « Certains groupes armés tuent sous couvert de leur religion. Mon sentiment est que les communautés chrétienne et musulmane vont finir par s’entre-tuer », s’alarmait, le 1er novembre dernier, Adama Dieng, chargé de la prévention des génocides à l’ONU. Majoritairement constituée de musulmans au début de l’offensive, fin 2012, la Seleka est née de l’agrégation de groupes armés opérant dans le nord-est du pays, loin de Bangui, dans les régions marginalisées frontalières du Tchad et du Soudan. Appuyée en sous-main par le président tchadien Idriss Déby, cette rébellion a fini par être perçue, dans le Sud majoritairement chrétien, comme le fruit d’une opération téléguidée depuis l’étranger.

 

Et pourtant… Si la République centrafricaine est en proie à la plus grave crise de son histoire récente, elle connaît régulièrement des soubresauts. Le président déchu, François Bozizé, avait lui-même pris le pouvoir par un coup d’État en 2003, avant d’être élu en 2005, puis réélu en janvier 2011 au terme d’une mascarade électorale. Ce militaire s’était replié sur un clan familial corrompu, s’emmurant dans un exercice paranoïaque du pouvoir.

 

« Depuis plusieurs années, la République centrafricaine n’est plus réellement gouvernée et cette démission du politique s’est traduite par une paupérisation et une insécurité croissantes ainsi qu’une forte dépendance financière, humanitaire et sécuritaire. La chute du président Bozizé s’inscrit dans le cycle des crises qui se répètent tous les dix ans», analysait, en juin dernier, un rapport de l’International Crisis Group (ICG). Aucun des accords politiques conclus depuis le début de cette crise, à Libreville avant la chute de Bozizé, puis à N’Djamena après l’arrivée au pouvoir de Michel Djotodia, n’a permis de sortir le pays de l’ornière.

 

C’est que les racines de ces crises plongent loin dans l’histoire. Au lendemain de la proclamation d’une indépendance de façade, le pays a représenté jusqu’à la caricature les dérives de la Françafrique. Il illustre le sort de fragiles États postcoloniaux où les peuples n’ont jamais eu droit au chapitre, où les richesses sont pillées par les grandes puissances et les multinationales. Les ressources dont regorge le pays (diamants, or, uranium, pétrole) aiguisent toujours les appétits. La France, qui a observé, au début de la crise, une position de retrait, refusant de voler au secours de François Bozizé, plaide à présent pour un appui onusien à la force africaine déployée sur place, la Micopax. Paris pousse en avant ses « amis» de la région, le Camerounais Paul Biya, le Gabonais Ali Bongo, le Congolais Denis Sassou Nguesso et, surtout, le Tchadien Idriss Déby, fidèle appui lors de l’opération Serval au Mali. Il est « indispensable de venir en aide aux populations, compte tenu de la gravité de la situation humanitaire», fait-on valoir au Quai d’Orsay. Sans perdre de vue, bien sûr, les intérêts français…

Lu pour vous : Centrafrique : Une tragédie longtemps ignorée

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