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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 21:02

 

 

 

 

 

 

http://www.ladepeche.fr  23/11/2013 à 07:39

 

L’armée française, déjà au Mali, pourrait intervenir en République centrafricaine pour mettre fin aux exactions commises par des groupes de rebelles. Sur place, le chaos.

 

Après le Mali, l‘intervention militaire française semble désormais inévitable en République centrafricaine. Lors de son appel lancé à la communauté internationale le 20 novembre, François Hollande a invité avec insistance ses partenaires dans le dossier centrafricain à «agir». Les «exactions» perpétrées à travers ce pays de 4,5 millions d’habitants (le plus pauvre de la planète), par les membres de la Séléka, coalition militaire originaire du nord du pays (majoritairement musulmane), ont plongé la Centrafrique dans le chaos le plus total et les violences confessionnelles. La Séléka, avec à sa tête l’actuel chef d’État centrafricain Michel Djotodia, est responsable de la destitution, en mars dernier, du président François Bozizé, aux commandes du pays depuis 2003.

 

Le mot est fort, selon les diplomates, mais pour Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, la République centrafricaine est «au bord du génocide». On pense au Rwanda (1993).

 

L’intervention de l’armée française est imminente - seuls 420 soldats assurent la protection du millier de ressortissants et de l’aéroport.

 

D’ici la fin de l’année, ce contingent devrait donc compter entre 1 200 et 1 500 hommes. Sur place, 180 parachutistes du 8e RPIMa de Castres (Tarn) ont pris leurs quartiers dans la ville de Boali où ils évoluent «dans un environnement complexe et une situation sécuritaire fragile et préoccupante». La France n’attend plus que l’aval du «nouveau projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies pour soutenir le déploiement d’une force africaine sur le territoire (centrafricain), à laquelle la France apportera son soutien», comme l’a souligné Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement. Il est en effet temps d’agir car sur place, à l’image de la capitale Bangui livrée aux pillages, viols et accrochages quotidiens entre communautés chrétiennes et musulmanes, le pays se retrouve sans État.

 

Partout, dans cette contrée enclavée - ses sous-sols contiennent des diamants, de l’uranium (exploité par Areva), de l’or et du pétrole - on traverse de plus en plus de villes fantômes.

 

Les exactions de toutes sortes jettent les populations sur les routes, des milliers de gens se terrent dans la forêt et les morts jonchent des habitations incendiées. La Croix Rouge a déjà ramassé une cinquantaine de corps à Gaga, village minier au nord-ouest de Bangui.

 

À Bossangoa, une grande ville située au nord-ouest de la République centrafricaine, des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants arrivent en guenilles, l’air terrifié, et s’entassent dans le centre-ville. Beaucoup accusent la Séléka qui compte aussi dans ses rangs des mercenaires tchadiens et saoudiens.

 

La Centrafrique, cernée par des pays déjà instables politiquement, ne sera pas le même terrain d’intervention que le Mali, a prévenu Laurent Fabius. Mais plusieurs experts estiment que cette intervention «doit impérativement être un effort européen et international, et non pas uniquement français». Le spectre de la Françafrique plane.

 

Expert. Alain Coldefy, directeur de recherche à l'IRIS, spécialiste de politique de défense

 

«L'armée peut faire un petit effort»

 

Pensez-vous que l’armée française a les moyens d’intervenir en Centrafrique ?

 

Techniquement, c’est comme pour un incendie : plus on intervient tôt moins on a besoin d’effectifs et de moyens. Une intervention en Centrafrique, ça n’a rien à voir avec le Mali, la Côte d’Ivoire ou la Libye. Elle peut être gérée avec des moyens raisonnables. On n’a pas besoin de bombarder des positions adverses, de faire une surveillance du ciel. C’est techniquement plus simple, à condition de ne pas laisser dégénérer la situation. Au Mali, la France a envoyé en trois semaines autant de matériel en volume que ce qu’on a rapatrié d’Afghanistan en plusieurs mois. C’était une opération logistique énorme. En Centrafrique, je pense que l’opération peut être contenue dans son volume et dans sa durée. Mais ça ne réglera rien dans cette région où on n’a jamais rien réglé. Que ce soit Brazzaville, Kinshasa (République du Congo), Bangui, il y a toute une zone francophone dans laquelle on ne gère rien. En raison des difficultés ethniques, mais surtout parce qu’on se bat toujours pour les richesses souterraines (minerai). Avec un budget de la Défense réduit, on a encore la capacité de faire un petit effort. Mais les luttes de pouvoir entre clans locaux ne présagent rien de bon.

 

Recueilli par G.C

 

Gérald Camier

Lu pour vous : Après le Mali, la Centrafrique ?

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