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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 21:51

 

 

 

 

 

BANGUI (AFP) - 25.11.2013 15:16 - Par Xavier Bourgois

 

La capitale centrafricaine Bangui, sous couvre-feu, vit toujours dans la crainte de violences inter-religieuses, dans l'attente d'une résolution de l'ONU pour tenter de mettre fin au chaos dans le pays.

 

Les mesures de sécurité ont été renforcées à Bangui au cours du week-end. Les habitants de la capitale centrafricaine redoutent de voir la capitale s'embraser après les violences qui ont secoué le nord-ouest du pays ces dernières semaines, des rumeurs faisant état de l'infiltration de groupes armés chrétiens décidés à s'en prendre à la communauté musulmane, dont est issu le nouveau président Michel Djotodia.

 

L'ONU, qui s'inquiète de voir la Centrafrique devenir le "théâtre d'un génocide", doit entamer lundi des discussions consacrées à la crise, après l'appel de son secrétaire général Ban Ki-moon à envoyer 6.000 Casques bleus, et ceux de Paris et de Washington pressant la communauté internationale d'intervenir sans délai.

 

Il y a quelques mois, la fracture entre chrétiens, largement majoritaires, et musulmans n'existait pas encore dans un pays où les deux communautés ont toujours vécu en bonne intelligence. Mais les exactions à répétition de l'ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, qui a porté Michel Djotodia au pouvoir en mars, ont rapidement généré des tensions, poussant des populations chrétiennes à former des "groupes d'autodéfense" pour s'en prendre aux musulmans.

 

Début septembre, les attaques de ces milices paysannes surnommées "anti-balakas" (anti-machettes) jusqu'alors inconnues, avaient fait près de 100 morts dans la région de Bossangoa (nord-ouest). Fin octobre, de nouveaux affrontements ont fait une quarantaine de morts à Bouar (ouest), entraînant un cycle de représailles et de contre-représailles meurtrier.

 

"A Bangui, de plus en plus de gens craignent que des anti-balakas ne soient infiltrés dans la ville pour s'en prendre aux musulmans. On ne peut pas affirmer que cela soit vrai mais des dérapages comme à Bossangoa sont possibles", a expliqué à l'AFP depuis Bangui Roland Marchal, chercheur au CNRS et spécialiste des conflits en Afrique centrale.

 

"Situation pré-génocidaire"

 

Il y a une semaine, Ban Ki-moon a évoqué "un niveau alarmant de violence inter-communautaire", disant craindre un "conflit religieux et ethnique à l'échelle du pays".

 

Dans la foulée, le département d'Etat américain a fait état d'une situation "pré-génocidaire", et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a aussitôt renchéri en affirmant que le pays était "au bord du génocide"... Des mots forts qui veulent justifier l'appui à la Mission internationale de soutien en Centrafrique (Misca).

 

"On ne peut parler de génocide d'un groupe ethnique ou d'un groupe social", a pour sa part réagi samedi la ministre des Affaires étrangères centrafricaine Léonie Banga Bothy sur les ondes de la radio locale Ndeke Luka.

 

"Parler de pré-génocide ou de génocide, je pense que cela aura des effets pervers sur la quiétude la population qui a déjà beaucoup souffert et qui n'a pas besoin d'une psychose supplémentaire", a souligné la ministre.

 

"Le Congrès américain est sommé de faire quelque chose, si la situation se dégrade, ils seront comptables de cela", analyse Roland Marchal, pour lequel "l'usage de superlatifs" sert à promouvoir une intervention rapide et "nécessaire".

 

L'intervention se justifie par la nécessité de "remettre en place l'ordre et la loi dans un pays qui ne connaît ni l'un ni l'autre depuis plus de huit mois", note M. Marchal, pour qui "une simple intervention de maintien de la paix ne peut pas suffire, il faudra intervenir politiquement pour redonner une crédibilité à l'Etat centrafricain qui doit garantir l'ordre".

 

Selon le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU devrait rapidement permettre "aux forces africaines (des pays voisins), à l'Union africaine et également à la France" d'intervenir. La France serait dans ce cas "à l'appui des Africains", a-t-il souligné.

 

"L'insécurité a contraint des dizaines de milliers de personnes à se réfugier en brousse, où leur vie et les conditions d'hygiène sont déplorables", s'est alarmé lundi le chef du Comité international de la Croix-Rouge en Centrafrique, Georgios Georgantas, dans un communiqué.

 

© 2013 AFP

La Centrafrique au coeur d'une réunion de l'ONU

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