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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 14:33

 

 

 

 

 

RFI  mercredi 20 novembre 2013 à 14:05

 

Faut-il inclure les droits de l'Homme dans la lutte contre les «diamants du sang» ? Voilà l'une des questions qui est posée à Johannesburg où s'est ouverte, ce mardi 20 novembre 2013, la réunion annuelle des pays membres du Processus de Kimberley, mis en place il y a dix ans, qui vise à lutter contre le financement des conflits par les diamants. Certaines ONG et certains pays voudraient désormais y inclure la défense des droits de l'Homme, mais les grands producteurs de diamants sont réticents comme l’explique Claude Kabemba, le directeur de l'Observatoire des ressources naturelles d'Afrique australe.

 

RFI : A l’ouverture de l’Assemblée, l’Afrique du Sud a fait savoir que le processus de Kimberley n’avait pas vocation à faire cesser les atteintes aux droits de l’homme. Est-ce un recul par rapport à la philosophie de ce processus ?

 

Claude Kabemba : Il y a une force qui vient de la société civile et de certains gouvernements, qui pensent que le Processus de Kimberley a suffisamment réussi à réduire les conflits liés au diamant sur les continents. Mais il se fait que l’industrie fait face à d’autres problèmes qui aussi incluent les abus de droits de l’Homme, les abus des revenus de la vente de ces diamants. Donc il y a un débat sur le point de la définition de processus de Kimberley, aujourd’hui dans le contexte actuel, on n’a plus de conflits, mais il y une urgence liée à cette industrie qui engage certains acteurs à appeler à une nouvelle définition qui inclurait d’autres facteurs, au-delà des conflits armés.

 

Certaines organisations de la société civile ou certaines ONG comme Global Witness, voudraient que l’on prenne en compte cette dimension des droits de l’homme, alors que les pays producteurs ne le souhaitent pas ?

 

Tout simplement parce que les pays producteurs, surtout avec le cas récent du Zimbabwe, pensent que certains pays occidentaux veulent utiliser les droits de l’Homme pour des questions politiques et pour changer les régimes dans les pays dans lesquels ils n’ont pas confiance. Donc il y a cette position, surtout en Afrique, qu’il serait très dangereux d’inclure les droits de l’Homme dans ce Processus de Kimberley, parce que les droits de l’Homme n’ont pas une définition claire.

 

L’Afrique du Sud craint une manipulation à des fins politiques du processus de Kimberley ?

 

Ce n’est pas seulement l’Afrique du Sud, c’est à travers tout le continent africain, mais aussi le cas d’autres pays tels que la Chine. L’Afrique du Sud ajoute qu’il est possible de créer une complémentarité entre le Processus de Kimberley et d’autres initiatives, telle que l’Initiative de la transparence dans l’industrie extractive, mais aussi avec d’autres plateformes qui travaillent sur les droits de l’homme. Donc il n’est pas nécessaire pour le Processus de Kimberley de faire ce travail, comme il y a déjà des plateformes assez bien structurées qui travaillent sur ce sujet.

 

Est-ce que selon vous, en dix ans le Processus de Kimberley qui visait donc à empêcher les diamants du sang, c'est-à-dire à empêcher que les diamants ne financement des guerres civiles ou des conflits, a fonctionné ?

 

Le processus a fonctionné avec l’aide d’autres mécanismes d’intervention. Vous vous souvenez qu’au niveau de Sierra Leone le processus a fonctionné parce que l’intervention des Nations unies et la logistique militaire de surveillance pour contrôler les artisanaux, a aidé à la réussite du Processus de Kimberley. En Angola, la guerre s’est terminée, pas parce que le processus de Kimberley a arrêté le trafic de diamants, tout simplement parce que le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) a gagné la guerre contre l’Unita. Il est fondamentalement important de comprendre, que les conditions politiques et la capacité de l’Etat de contrôler l’extraction et la commercialisation du diamant, sont importants. Et que le Processus de Kimberley n’est qu’un support aux conditions internes dans le pays.

 

Est-ce qu’en République centrafricaine cela fonctionne, alors que le Processus des Kimberley doit justement examiner cette semaine une levée de l’embargo sur le diamant centrafricain ?

 

 

Non, pas du tout ! Nous sommes encore dans un système, dans des conditions politiques assez difficiles, pour qu’il y ait une surveillance correcte de la production du diamant et de la commercialisation du diamant. Raison pour laquelle je dis, par exemple, pour l’Etat de la République centrafricaine qu'aussi longtemps qu’on n’aura pas mis en place un Etat efficace, je ne pense pas que le Processus de Kimberley peut assurer une transparence et l’exploitation de l’exportation du diamant en République centrafricaine. Ce n’est pas possible.

 

Quels sont les principaux problèmes en République centrafricaine, dans cette filière du diamant ?

 

(Premièrement) l’Etat ne contrôle pas l’exploitation du diamant qui est suffisamment artisanale. De deux, l’Etat n’a pas des comptoirs bien mis en place comme on l’a dans certains pays. Et l’Etat lui-même n’a pas un système qui assure une gérance transparente et efficace. Donc, le problème est vraiment structurel, interne.

 

Pensez-vous que l’Assemblée annuelle du Processus de Kimberley va refuser de lever l’embargo sur le diamant centrafricain ?

 

Dans les conditions actuelles, je ne pense pas qu’on va lever la sanction. Probablement ça va continuer, parce que la situation n’a pas encore changé. Aussi longtemps qu’on n’aura pas encore réglé le problème des élections et un gouvernement légitime, je ne pense pas qu’on aura atteint des conditions satisfaisantes pour lever l’embargo.

 

Diamants de la guerre et droits de l'Homme, Kimberley et Centrafrique: éclairages de Claude Kabemba

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