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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 14:45

 

 

 

 

 

RFI lundi 25 novembre 2013 à 11:16

 

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies commence, ce lundi 25 novembre 2013, l'examen d'une résolution en faveur d'une intervention internationale en République centrafricaine. La semaine dernière, les diplomates français et américains ont tiré la sonnette d'alarme évoquant un pays au bord du gouffre et une situation de pré-génocide. Pour Amnesty International, le monde doit agir vite avant que le pays ne sombre dans le chaos comme l’explique Christian Mukosa, chercheur et spécialiste de la RCA au sein de l’organisation, au micro d’Olivier Rogez.

 

RFI : Washington évoque une situation de « pré-génocide » en RCA. Paris affirme que la République centrafricaine est « au bord du génocide ».Qu’en est-il exactement ?

 

Christian Mukosa : La situation est grave en République centrafricaine. Et elle est devenue incontrôlable parce que les nouvelles autorités, ou les autorités de la transition qui gouvernent actuellement le pays, n’ont apparemment aucun contrôle sur les forces de sécurité et surtout sur les ex-Seleka, ces forces qui ont conduit au pouvoir Michel Djotodia. Ces autorités n’ont pas l’emprise sur des pans de territoire de la RCA et ils n’ont même pas l’emprise sur le contrôle de la capitale Bangui où des violations graves des droits humains sont en train de se commettre. Et tous les jours, on est au bord du gouffre. Dans certaines attaques, par exemple les membres de la Seleka qui sont en majorité musulmans, s’en prennent ainsi aux chrétiens et aux institutions chrétiennes. Et certains groupes armés attachés aux chrétiens, dont les anti-balaka, s’en prendraient à leur tour aux musulmans.

 

Dans ces attaques ou dans ces affrontements de représailles menées soit par les Seleka, soit par les anti-balaka, il y a une dimension religieuse, et une dimension ethnique, aussi ?

 

Oui, de plus en plus, il est visible que la dimension religieuse entre les musulmans et les chrétiens et la dimension ethnique entre des gens proches de l’ancien président Bozizé et les gens du nord, qui sont proches des leaders de l’ancienne Seleka, est en train de se faire voir. C’est une situation qui est très préoccupante et c’est pourquoi nous, Amnesty International, on a demandé que la communauté internationale agisse très vite avant qu’il ne soit trop tard, parce que ce nouveau développement de l’aspect religieux et de l’aspect ethnique dans cette crise politique est une bombe à retardement qui va exploser à tout moment.

 

On sait que les anti-balaka sont dans la région de Bossangoa pour la plupart. Quelle est l’ampleur des exactions ?

 

Ceux qui souffrent, c’est la population. Ce sont les civils qui souffrent. Les ex-Seleka, selon le rapport des Nations unies qui a été publié le 15 novembre, donc il y a quelques jours, ils seraient entre 15 000 et 20 000. Et seulement 9 000 ont été enregistrés par le gouvernement de transition. Ces personnes continuent à commettre des violations très graves des droits humains à travers tous les pays. Mais [il y a] également les anti-balaka [qui] commettent aussi des violations des droits humains, y compris contre les populations supposées être de connivence avec le pouvoir actuel ou les populations musulmanes, surtout dans la région de Bossangoa.

 

Cette semaine, où l’on a reçu des informations comme quoi à partir du 16 novembre jusqu’à ces derniers jours, il y a eu des attaques des anti-balaka contre les Seleka. Et les Sekeka en représailles ont attaqué aussi les anti-balaka conduisant à une crise humanitaire. Cela a conduit les gens à fuir leur village ou leur quartier pour aller se réfugier à la paroisse catholique de Bossangoa où il y aurait maintenant plus de 40 000 personnes qui sont agglutinées dans cet endroit qui ne peut pas en contenir autant. C’est une situation catastrophique.

 

D’une façon de plus en plus généralisée, la violence n’est plus l’apanage des porteurs d’armes, mais s’étend à tous les secteurs de la société...

 

Bien sûr, elle s’étend à tous les secteurs de la société. Les victimes sont les populations civiles. Ce sont les femmes, ce sont les enfants, ce sont les vieux, les vieillards. Et les autorités ne sont pas en mesure, n’ont pas la capacité de contrôler ce pays. Il faut une intervention pour aider la population, pour protéger la population de la République centrafricaine.

 

Parmi les cinq options qui seront examinées ce lundi au Conseil de sécurité des Nations unies, vous préconisez que les Nations unies adoptent la plus haute, c’est-à-dire une intervention sous mandat chapitre 7.

 

C’est la seule option fiable et capable de faire face à cette situation qui est en train de déraper tous les jours. Et il faut qu’on fasse très vite. On sait que la force des Nations unies prend du temps pour être mise en place. C’est pourquoi, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon l’a dit, il pourrait, s’il a l’autorisation du Conseil de sécurité, prendre quelque forces et missions des Nations unies de la paix qui sont juste à côté pour parer à cette situation. Une autre chose est que la France a une base en Centrafrique et il serait très important que la France ou l’Union européenne aident à ce qu'il y ait une intervention robuste de la part de la France, à l’image de l’intervention qui a eu lieu il y a une dizaine d’années dans l’Ituri [province de l'est de la République démocratique du Congo NDLR] lors l’opération européenne Artemis, pour mettre fin à la situation, pour mettre fin à cette crise qui est là, en attendant qu’il y ait une force des Nations unies en place.

 

C’est apparemment l’option qui se dessine côté français, puisque certains contingents français sont déjà en route pour le golfe de Guinée...

 

Ce serait très bien. Il faudrait que le contingent en question ait un mandat clair des Nations unies de protection des civils parce que, je le répète, la situation est en train de déraper tous les jours. Cela fait plusieurs années qu’Amnesty International suit la situation en Centrafrique. Nous pensons que, cette fois-ci, la situation est grave. On doit agir, et très vite. Et la communauté internationale doit prendre ses responsabilités afin de protéger la population centrafricaine le plus vite possible.

Christian Mukosa: «On est au bord du gouffre» en Centrafrique

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