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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 22:00

 

 

 

 

 

YAOUNDE Vendredi 29 novembre 2013 | 20:33 UTC (Xinhua) - Un groupe de 700 personnes déplacées de Bouca vit dans la crainte d'une attaque des ex- rebelles de la Séléka, au pouvoir à Bangui, qui a leur a lancé mardi un ultimatum de quitter l'enceinte de la mission catholique de cette localité du Nord de la République centrafricaine (RCA) où elles ont trouvé refuge pour fuir les violences, selon des sources humanitaires.

 

D'une population estimée à 15.000 habitants, Bouca est l'un des théâtres des affrontements meurtriers qui opposent ces derniers temps les combattants de l'ex-coalition rebelle qui s'est emparée du pouvoir le 24 mars à Bangui à des groupes d'autodéfense villageois anti-Balakas (anti-machettes) constitués en réaction aux exactions des ex-rebelles sur la population.

 

En septembre, 100 personnes avaient été tuées dans des attaques menées à l'encontre des civils par ces milices dites pour certaines proches de l'ancien régime de François Bozizé et qui à l'origine combattaient les coupeurs de route, d'après un bilan publié dans un rapport de l'Ong internationale Médecins sans frontières (MSF) présente dans le pays pour apporter l'assistance sanitaire aux victimes de la crise centrafricaine.

 

Au cours des mêmes attaques, 700 maisons avaient été brûlées et des milliers de personnes déplacées, mentionnait en outre MSF qui se dit également préoccupée par "une nouvelle vague de dé placement de populations suite à de nouveaux affrontements la semaine dernière entre anti-Balakas et forces de l'ex-Séléka".

 

Ces sinistrés, décrit MSF, s'entassent sur des sites surpeuplés où planent des menaces d'épidémies. Ce sont pratiquement les mê mes conditions de vie pour les quelque 35.000 déplacés de Bossangoa (Nord-Ouest) également hébergés dans l'évêché depuis août et qui "ont toujours besoin d'assistance".

 

Le sort des populations cachées en brousse, sans accès aux soins, à la nourriture et à l'eau potable, est aussi préoccupant.

 

Avec ses équipes d'une trentaine d'expatriés et d'une cinquantaine de d'employés locaux, MSF annonce une assistance sanitaire qui comptabilise une moyenne de 5.000 consultations classiques mensuelles auxquelles s'ajoutent des interventions chirurgicales d'urgence pour la prise en charge des blessés graves.

 

 En collaboration avec le ministre de la Santé publique centrafricain, cette Ong, à cause des abandons de postes par les fonctionnaires et agents de l'Etat dans les zones de conflit, gère aujourd'hui les hôpitaux publics de Bria, Paoua, Carnot, Kabo, Batangafo, Ndélé, Zémio, Boguila et Bossangoa ainsi qu'une quarantaine de centres de santé, de l'avis d'Albert Caramés, chargé des affaires humanitaires.

 

Même si "aucun changement n'est observé pour l'instant", elle se dit "très attentive" à l'ultimatum des responsables de l'ex-Séléka aux 700 déplacés de Bouca.

 

Avant les nouvelles vagues de déplacement, les Nations Unies à travers le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) recensait 400.000 déplacés centrafricains depuis la prise du pouvoir de Michel Djotodia le 24 mars à Bangui.

 

Dans son discours à l'ouverture de la 68e session de l'Assemblée générale de l'Onu en septembre à New York, Nicolas Tiangaye, Premier ministre du gouvernement d'union nationale et de transition nommé par les accords de paix du 11 janvier à Libreville (Gabon), faisait état de ce que "62.000 personnes ont cherché refuge dans les pays voisins dont 45.000 en République démocratique du Congo (RDC)".

 

Alors que "650.000 enfants au moins ne peuvent pas se rendre à l'école" et 60.000 autres "risquent de mourir de malnutrition", notait-il encore, l'évaluation de la crise que traverse la RCA depuis près d'un an révélait par ailleurs que "484.000 habitants (10,5% de la population) sont en situation d'insécurité alimentaire sévère". Car, "la population a abordé la saison des pluies dans un état de dénuement total".

 

"Moins de 20% des structures médicales du pays sont opérationnelles" et "13.700 personnes en traitement antirétroviral risque de ne plus pouvoir prendre leurs médicaments à cause des risques d'interruption de la chaîne d'approvisionnement", faisait encore remarquer Nicolas Tiangaye.

 

Pour Amy Martin, représentante résidente d'OCHA dans le pays, une augmentation des besoins humanitaires est évidente, avec l'aggravation de la crise depuis août. "Les besoins sont trois fois plus que ce qu'on a prévu au début de l'année. On est passé de 400.000 à 1,6 million de personnes qui ont besoin d'assistance humanitaire", a-t-elle affirmé à Xinhua.

 

Cette agence onusienne avait lancé en juin en appel d'urgence de 195 millions de dollars. "On a mobilisé 44%, soit à peu près 84 à 85 millions dollars. Donc, il y a un grand gap à combler", a établi Mme Martin qui recense près de 2 millions de personnes vulnérables à l'insécurité alimentaire.

 

Une nouvelle évaluation des besoins est annoncée pour la semaine prochaine. Entre-temps, "la situation reste précaire et sensible", déplore Amy Martin ajoutant que, comme à Bossangoa par exemple, "il y a toujours le sentiment qu'il n'y a pas la sécurité, malgré le renforcement des forces de la MICOPAX (Mission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale pour la consolidation de la paix en RCA, NDLR) et de la FOMAC (Force multinationale de l'Afrique centrale)".

 

 "Nous sommes en train d'appuyer le gouvernement pour le redéploiement de l'administration", informe cependant sur une note d'optimisme la représentante résidente d'OCHA. Elle fait aussi part de discussions au cours de la semaine qui s'achève avec les autorités pour "une solution rapide" relative à la libération des bâtiments administratifs occupés par les ex-rebelles de la Séléka.

 

Centrafrique  700 déplacés de Bouca sous la menace d'un ultimatum des ex-rebelles de la Séléka

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