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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 02:40

 

 

 

 

PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE GUION 


http://www.lavie.fr  29/11/2013 29/11/2013 À 15H42

 

Membre du Conseil national de transition, femme politique centrafricaine et membre de la société civile, Béatrice Epaye témoigne de la situation en Centrafrique, alors que la France a envoyé jeudi 28 novembre les premiers avions militaires dans le pays en vue d'une intervention imminente.

 

Laurent Fabius a évoqué une situation pré-génocidaire ? Etes-vous d'accord avec le terme utilisé ?

 

Difficile de prononcer ce mot. Mais il est vrai aujourd'hui que les hommes de la Séléka s'en prennent particulièrement aux chrétiens et aux non musulmans.

S'agit-il d'un conflit d'ordre religieux ?

 

Les rebelles ont attaqué les Eglises et les intérêts religieux. Leurs agissements font croire qu'ils procèdent à la manière de djihadistes, mais il me semble qu'il n'y a pas de véritable idéologie derrière tout cela. Les rebelles centrafricains qui ont créé la Séléka ne sont pas nombreux, il ont donc noué des alliances avec des résidus de rébellion du Darfour et du Tchad, mais aussi des braconniers soudanais qui ont l'habitude de piller les forêts du pays. Ce sont des gens qui ont vécu dans des pays de charia. Ils véhiculent cette mentalité. En retour, une résistance s'est formée. Des jeunes dans les villages ont commencé à prendre les armes pour se défendre. Mais il y a beaucoup de confusion. Ceux-ci attaquent par exemple des peuls bororo : des musulmans qui parlent la même langue que les membres de la Séléka ont le même type sahélien, mais qui n'ont rien à voir avec eux.

 

Quel est selon vous l'objectif de la Séléka ?

 

Depuis que les rebelles de la Séléka ont commencé à progresser vers Bangui, en décembre 2012, ils se sont attaqués à chaque fois à ce qui représente l'Etat : les bâtiments administratifs, les écoles et les centres de santé. Ils ont détruit les archives de l'état civil. Comme s'ils voulaient effacer les traces de l'Etat. Une fois arrivés au pouvoir, au lieu de s'en contenter, ils se sont redéployés partout dans le pays. Chaque petit groupe s'est approprié un territoire. Et aujourd'hui, le pays est divisé entre des chefs de guerre qui contrôlent les mines de diamants et d'or du pays, en tirent les revenus qui permettent de financer leur emprise. Parfois ils se font même la guerre entre eux ! Le président lui-même est un chef de guerre comme les autres. Il faut prendre aussi en compte la dimension régionale de la crise. Le pays abrite également d'autres groupes comme la LRA de Joseph Kony qui est arrivé d'Ouganda en 2008. La position centrale de la Centrafrique et l'impunité qui y règne en fait une sorte de refuge pour tous les groupes armés de la région. C'est à mon avis, leur objectif : créer un sanctuaire pour les rebelles.

 

Êtes-vous favorable à une intervention française ?

 

Elle est nécessaire. Il y a urgence. Des gens meurent tous les jours. Les forces africaines ont montré leurs limites. On ne peut plus attendre. A Bossangoa par exemple, 40 000 personnes se sont réfugiées depuis septembre dans l'enceinte de l'évêché et tentent de survivre. Les pays amis doivent nous aider. La France a toujours été un partenaire privilégié.

 

 

 

 

Béatrice Epaye : "La Centrafrique devient un sanctuaire de rebelles"

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