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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 00:00

 

 

 

http://www.camer.be 

 

Une fois de plus, les Africains auront échoué. A la faveur de la visite du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en République centrafricaine (RCA), l’annonce de l’envoi futur de renforts militaires français pour aider à la sécurisation du pays a été faite. Michel Djotodia, qui a sollicité le soutien de la France, devrait se frotter quelque peu les mains maintenant. L’acceptation de Paris de répondre à son appel au secours signifie que, quelque part, il bénéficie d’une certaine considération de la part des autorités françaises malgré le fait qu’il a pris le pouvoir de façon illégale. En tout cas, ce soutien devrait l’aider à mettre un peu d’ordre dans son pays. Certainement que la dissolution de la fameuse Séléka par les autorités de Bangui, n’a pas été pour rien dans l’acceptation de Paris de donner maintenant un coup de main à Bangui.

 

De tergiversations en reculades, l’Union africaine, dans son ensemble, fait étalage de toute son impuissance à faire face avec efficacité aux nouvelles crises qui secouent le continent

 

En contrepartie, la France a indiqué que les autorités de la transition doivent donner des gages de bonne volonté. Et pour Paris, un des engagements, et non des moindres, que doivent prendre le président Michel Djotodia et son équipe de transition, consiste à ne pas faire acte de candidature à la prochaine présidentielle qui devrait se tenir en fin 2015.

 

Les souverainistes, à leur habitude, trouvent à redire face à ce qui peut être présenté comme une nouvelle ingérence française dans les affaires du continent. L’idéal, il faut en convenir, c’est que la France n’ait pas à intervenir encore militairement sur le continent. Encore faut-il que les Africains, à commencer par les Centrafricains, dans le cas d’espèce, se montrent matures. Ils devraient prouver au monde leurs capacités à prévenir les crises et à les résoudre de façon efficace. Seulement, tel n’est pas le cas. Comme on l’aura vu en Côte d’Ivoire, au Mali et maintenant en RCA, les pays africains, pris individuellement et au-delà, l’Union africaine et ses instances régionales, n’ont pas les moyens d’assurer et donc d’assumer cette souveraineté tant réclamée. De tergiversations en reculades, l’Union africaine, dans son ensemble, fait étalage de toute son impuissance à faire face avec efficacité aux nouvelles crises qui secouent le continent. Tant et si bien que la solution est toujours venue de l’extérieur, de la France notamment.

 
De ce fait, on constate que l’Afrique souverainiste refuse de grandir. En effet, ces renforts annoncés de troupes françaises sont tout simplement dus au fait que l’Afrique s’est montrée, une fois de plus, incapable de prendre ses responsabilités. Et quand les dirigeants africains sont incapables d’assumer la si savoureuse souveraineté de leurs pays respectifs au point de demander, toute honte bue, de l’aide à l’ancienne puissance coloniale, on en vient à ne rien comprendre.

 

Il n’est pas décent de demander à la France d’intervenir pour sécuriser le pays et exiger en même temps qu’elle n’ait pas son mot à dire sur la gouvernance politique de celui à qui elle a porté assistance

 

Cette attitude de bon nombre de dirigeants africains qui s’en prennent à la France quand elle se dresse contre leurs infamies et qui l’appellent au secours dès que ça commence à sentir le roussi, est indéfendable. Il est temps que les Africains grandissent et, mieux, mûrissent. Ils doivent se convaincre qu’ils sont les premiers responsables de cette violation de la souveraineté des Etats du continent par les puissances occidentales si violation il y a vraiment. Certes, on sait que les Occidentaux défendent leurs intérêts. Mais ils n’interviennent que dans un cadre de légitimité international bien précis. 

 

Pour ce qui est de la poudrière centrafricaine, la France a d’abord observé la retenue nécessaire en pareille circonstance. Elle a certainement espéré que les Africains se montreraient, une fois n’est pas coutume, à la hauteur du défi. Mais, elle a dû se rendre à l’évidence : l’Afrique n’est pas à même de prendre toutes les dispositions nécessaires pour la sécurisation de la Centrafrique et la protection des populations civiles victimes d’exactions multiformes. Du reste, le cas centrafricain n’étant pas isolé, on n’a aucune peine à se convaincre que ce n’est pas demain la veille la fin de cette assistance des anciens colonisateurs. Ainsi donc, au regard de ses intérêts dans le pays mais aussi certainement par humanisme, la France a dû se résoudre à mettre la main à la pâte. De quel interventionnisme parle-t-on quand des populations, meurtries, en viennent à s’exclamer : heureusement, il y a la France pour les sauver ! Il n’est pas décent de demander à la France d’intervenir pour sécuriser le pays et exiger en même temps qu’elle n’ait pas son mot à dire sur la gouvernance politique de celui à qui elle a porté assistance. Du reste, la France connaît trop bien les rapports des hommes politiques africains au pouvoir. Elle sait que dans beaucoup de ses ex-colonies, « on n’organise pas des élections pour les perdre ». Alors, elle a pris les devants en demandant gentiment, mais fermement, à l’équipe de transition de Djotodia de s’abstenir de prendre part à la course à la prochaine présidentielle, en contrepartie de son soutien. Ce n’est pas une atteinte à la souveraineté de la Centrafrique. C’est juste du réalisme politique.

 

© Source : Le ¨Pays

 

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE : LA FRANCE À LA RESCOUSSE : QUAND L’AFRIQUE SOUVERAINISTE REFUSE DE GRANDIR

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