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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 23:58

 

 

 

Publié le 09 octobre 2013 à 10h05

 

Alignés dans la cour boueuse et envahie de broussailles de la gendarmerie de Bangassou, une dizaine de prisonniers baissent piteusement la tête: hier encore, ils semaient la terreur dans cette ville de l'est de la Centrafrique.

 

La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre parmi les 40.000 habitants de la sous-préfecture qui s'étend sur des kilomètres au milieu des arbres: le colonel Abdallah, de la coalition rebelle Séléka qui a pris le pouvoir en mars à Bangui et est désormais dissoute, a été arrêté lundi. Et avec lui les 30 hommes qui avaient mis en coupe réglée la ville depuis leur arrivée le 23 mars.

 

"C'est une grande surprise et un grand plaisir. On pensait que ça ne finirait jamais", témoigne, soulagé, un habitant, Odon Kondoulas.

 

Le colonel, dès son arrestation par un contingent de "Séléka intégrés" - membres des nouvelles forces armées centrafricaines - a été transféré à Bangui avec ses quatre "adjoints". Ses hommes attendaient mardi après-midi qu'un avion arrive de la capitale où ils seront placés en détention.

 

Ils n'ont ni marques apparentes de blessures, ni de mauvais traitements. "Ils n'ont pas résisté", dit le colonel Idriss Bernard qui a mené l'opération. A ses côtés, un soldat opine: "comme ils se sont rendus tranquillement, on ne les pas torturés".

Certains sont très jeunes, tel David, 12 ans à peine, élève en CM1, qui dit avoir rejoint les rebelles pendant des vacances scolaires.

 

"Il n'y a pas besoin de recrutement forcé. Ils (les chefs rebelles) leur donnent 10.000 francs (CFA, 15 euros) et une kalachnikov. Et ils disent: +maintenant tu pourras avoir tout ce que tu veux+", explique le père Alain-Blaise Bissialo, qui a vécu le calvaire de la population sous la botte du colonel et de ses 30 hommes.

 

Bangassou était sa chose

 

Quand ils sont arrivés, "il n'y avait plus aucune force en ville. Les hommes de Séléka étaient déjà en route pour Bangui", les forces loyales au régime de François Bozizé avaient fui, ajoute le prêtre. Le colonel est resté et a fait de Bangassou sa chose.

 

Ils ont d'abord volé les voitures, puis les ordinateurs, puis "toutes les machines avec un moteur". Ensuite ils ont pris les téléphones portables, l'argent, puis ils se sont attaqués aux maisons, racontent les habitants à l'archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga - natif de la ville - et au président de la Communauté islamique centrafricains, l'imam Omar Kabine Layama.

 

Ils sont en mission de réconciliation entre chrétiens et musulmans et appellent conjointement à "tourner la page".

 

Car s'il se prétendait musulman, le colonel Abdallah avait aussi soumis ses co-religionnaires à son bon vouloir. Les familles musulmanes devaient préparer les repas et nourrir les Séléka tous les jours et apporter les plats à leur base.

 

Au racket généralisé - "même pour aller au champ il fallait payer", ont dit plusieurs habitants à l'archevêque et à l'imam - se sont ajoutés meurtres et viols.

 

Finalement, parce qu'"ils en avaient vraiment ras-le-bol", dit l'archevêque, les gens ont commencé à se révolter il y a une quinzaine de jours, en coupant des arbres pour bloquer les pistes et en se réfugiant dans la brousse.

 

Face à la faiblesse de ses effectifs, le "colonel" a alors distribué des armes à de jeunes musulmans de la ville, souvent de petits délinquants. Cela été un choc pour les chrétiens, très majoritaires en ville, et la porte ouverte à l'engrenage du ressentiment contre les musulmans accusés d'avoir pactisé avec le colonel.

 

"Ce qui s'est passé ne s'était jamais passé à Bangassou. Mais on peut dépasser cela, il le faut", exhorte la maire de la ville, Zarra Abdoulaye, devant les religieux. Le discours est accueilli sans enthousiasme. "Beaucoup pensent que s'il y a eu un colonel Abdallah, pourquoi n'y en aurait-il pas un deuxième", explique le père Bissialo.

 

© 2013 AFP.

Centrafrique: fin de razzia à Bangassou pour le colonel Abdallah

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