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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 03:30

 

 

 

Démocratie - Liberté - Clairvoyance - Fraternité

 

Comité Exécutif Secrétariat Général Réf: N° 01/03/2013

 

DECLARATION POLITIQUE DU PARTI REPUBLICAIN LIBERAL RELATIF AU CHANGEMENT POLITIQUE SURVENU EN CENTRAFRIQUE LE 24 MARS 2013

 

La République centrafricaine vient de vivre, les 23 et 24 mars dernier, un évènement politico-militaire d'une fulgurance rare, qui s'est conclu par l'éviction du Président François BOZIZE, sa fuite à l'étranger et l'auto-proclamation de Monsieur Michel Am Nondroko DJOTODIA, Président de la République. Ce changement brutal et radical est, en apparence, la conséquence de l'impasse politique, administrative et économique dans laquelle s'était enfermée le Président François BOZIZE qui n' a jamais pu et su se départir de ses ressentiments et intérêts personnels pour rassembler les centrafricains, autour de valeurs et d'actions fédératrices de la Nation centrafricaine. Par ailleurs, la pratique controversée et ambigüe des accords de Libreville par François BOZIZE a été à la limite du tolérable et a servi de prétexte pour exposer le peuple centrafricain à la violence et à la barbarie.

 

C'est donc, au regard de tous ces évènements, que le Parti Républicain Libéral tient à réaffirmer son attachement à la démocratie et aux valeurs humanistes, républicaines et laïques qui le caractérisent et dont fut pétri feu son Président l'Ambassadeur Auguste MBOE, un des précurseurs de l'Union des Centristes en Centrafrique et disciple pionnier du Président Barthélémy Boganda. Le PARELI réaffirme ainsi, qu'il est tout naturellement opposé aux coups de force, comme mode d'accession à l'exercice du pouvoir politique de l'Etat. Dès lors, le PARELI exprime, préalablement, toute sa compassion aux nombreuses victimes des exactions diverses commises du fait de ce coup de force, manifestement mal encadré, et demande aux nouvelles autorités politiques et gouvernementales de prendre toutes leurs responsabilités pour que la paix, la sécurité et l'ordre public reviennent, sans délai, dans le pays et qu'il soit envisagé une juste réparation des préjudices subis par les particuliers victimes des initiatives de la SELEKA.

 

C'est pourquoi, il condamne, sans ambigüité, le coup de force du 24 mars 2013, ainsi que les crimes de tous ordres, les agressions des prêtres et des pasteurs, les atteintes à l'intégrité physique des femmes, des religieuses chrétiennes et des enfants, la profanation et le pillage des lieux de culte chrétiens, ainsi que le vandalisme qui ont accompagné l'entrée de la rébellion militaire sur le territoire centrafricain, et à Bangui en particulier. Néanmoins, au-delà de cette position de principe et, au regard de la réalité des données politiques nationales et internationales, le Parti Républicain Libéral admet, qu'il peut être amené à comprendre que face à des actes de nature à altérer, à un moment donné, le cours normal d'une démocratie, la légalité constitutionnelle d'un Etat de droit puisse être, provisoirement, enfreint.

 

C'est donc cette double lecture des faits récents en Centrafrique, qui permet au PARELI de prendre acte du changement politique et institutionnel survenu dans le pays. Ceci étant dit, le PARELI peut désormais transcender et déclarer qu'il est, néanmoins, disposé à prendre toute sa part dans l'oeuvre de refondation de l'Etat centrafricain et qu'il poursuivra ainsi son combat philosophique et politique pour la consolidation des libertés individuelles et collectives, avec la préservation des acquis de la démocratie, afin que les changements de régimes politiques, dans le pays, ne résultent plus jamais des coups de force. Le Parti Républicain Libéral apprécie, au demeurant, la reconduction du Premier Ministre issue du consensus politique découlant des Accords de Libreville, Mais le PARELI demande, que dans les circonstances nouvelles qui résultent de la fuite de François BOZIZE, et donc en raison de l'absence de la partie essentielle qui a été la cause des Accords de Libreville, il y a lieu de dire la vérité au peuple centrafricain, en reconnaissant que ces faits emportent la caducité juridique et politique des Accords initiaux de Libreville. C'est pourquoi, il doit être impérativement procédé à la réactualisation formelle desdits Accords, entre les acteurs politiques du présent. Les Cadres centrafricains ne sauraient, à ce sujet, se contenter des simples déclarations verbales relatives à l'affirmation de la permanence desdits Accords de Libreville, faites dans l'euphorie populaire, et qui demain, n'engageront personne.

 

En effet, seuls l'esprit et la lettre des Accords de Libreville réactualisés ont vocation à baliser la composition, la durée et les actions du Gouvernement d'Union nationale, qui doivent être convenus à nouveau et de manière claire entre les différents acteurs qui sont ou seront désignés pour participer à la réalisation des objectifs qui restent à être identifiés collectivement. La concertation et le consensus, doivent être la méthode de travail du gouvernement pour assurer à la population que les mesures décisionnelles qui sont ou seront prises reflètent, indubitablement, l'union. Dans cette attente, le PARELI a, néanmoins, pris connaissance des actes constitutionnels du 26 mars 2013, qui définissent la nouvelle organisation de l'Etat, qui régissent son fonctionnement et a observé la composition, le 31 mars dernier, du nouveau Gouvernement, présentée comme étant une Union Nationale. Cependant, à lire et à analyser tous ces actes, il note que tous n'ont aucune concordance avec l'esprit et la lettre des Accords de Libreville, qui sont pourtant annoncés comme étant le cadre et la mesure de l'action dans laquelle s’inscrivent les nouveaux dirigeants du pays.

 

Le PARELI, en conséquence, se réserve, le cas échéant, le droit d'apprécier l'efficience des décisions à venir et à le faire savoir. C'est pourquoi le PARELI, tirant les leçons des pratiques néfastes du pouvoir de François BOZIZE, tient à interpeller chaque actrice et chaque acteur de la vie politique de Centrafrique à une auto réflexion critique sur les annonces précipitées de soutien à un homme ou sur les actions de propagandes situationnistes, initiées encore ces derniers jours, aux fins d'une rupture avec ces pratiques rédhibitoires du passé qui ont fait plus de mal que de biens à la Nation. Ces pratiques clientélistes sont de nature à avilir le citoyen et à favoriser l'émergence d'un autre autocrate qui, se complaisant de ces adoubements extravagants et inconséquents, sera prompt à s'imaginer être devenu, de manière intemporelle, l'indispensable Chef dont le peuple centrafricain aurait, selon lui, définitivement besoin.

 

C'est fort de cette lucidité politique que, tout en apportant sa disponibilité aux nouveaux dirigeants centrafricains pour participer et oeuvrer, avec eux, à la refondation de l'Etat, le PARELI appelle néanmoins les centrafricains et les centrafricaines, à ne plus répéter la délivrance d'un blanc seing à quiconque, sans une bonne appréhension et mesure des orientations sociales, politiques et économiques nouvelles qui, pour l'instant, ne sont ni annoncées ni connues. C'est, en raison de ces inconnues, et contradictoirement, en raison simultanée de la nécessité de ne rien préjuger au détriment du changement politique survenu, que le PARELI fait, de bonne foi, confiance au Président auto proclamé Monsieur Michel Am Nondroko DJOTODIA pour animer la transition en républicain et en démocrate, pour qu'il s'engage à préserver la RCA de toute déliquescence ou de toute annexion confessionnelle, territoriale ou économique qui saperaient irrémédiablement ce qui reste encore des bases de la cohésion nationale. Sur le plan de l'identité nationale centrafricaine, le PARELI est fondamentalement ancré dans les valeurs originelles, culturelles et sociétales de la communauté nationale dont les fondements sont essentiellement d'inspiration animiste et chrétienne. Sur le plan de l'Etat, le PARELI réitère son adhésion au caractère laïc de l'Etat centrafricain qui se traduit, notamment, par l'acceptation de l'existence de diverses confessions religieuses sur le territoire national, mais demande aux autorités publiques de veiller à ce que l'exercice du fait religieux se réalise dans le strict respect des règles d'établissement des lieux de cultes et de leurs saines pratiques, sans prosélytisme d'aucune sorte, sans provocations et sans reniement des origines identitaires et séculaires de notre Nation.

 

Fait à Bangui le 28 mars 2013

 

Pour le Comité Exécutif du PARELI

 

Le Secrétaire général

 

Jean PANI-BENGUE

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